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À la fin de
2005,le désœuvrement a provoqué en moi une violente envie d'écrire.
J'ai cru comprendre depuis que je n'étais pas le seul touché par cette
passion subite, à défaut d'être subie.
Je me suis donc plu à rédiger, d'abord pour rendre
compte de l'expérience singulière que je vivais alors. Un texte un peu
bizarre prenait forme, « Plongée ». J'écrivais sans plan préétabli,
car je n'avais guère prise sur les événements censés être décrits.
Ensuite, je ressentis la nécessité d'inventer mes
propres histoires. Quatre récits, de taille limitée. Des gammes en
quelque sorte, avec leurs essais de construction crédible, en
m'efforçant d'exposer des intrigues et des idées vraisemblables. Là
réside sans aucun doute la difficulté, tant le fictif se veut « border
line », tantôt chevauchant le réel, tantôt s'en libérant sans la
moindre vergogne.
Au printemps 2006, je me trouvais dépositaire de cinq
textes dont j'étais l'auteur. À
les relire, j'étais presque aussi ignorant de la valeur de ces textes,
que j'avais été négligent à traquer les nouvelles fautes de frappe
– les erreurs tout court
– qui, à chaque relecture,
m'apparaissaient avec leur récurrente cruauté.
Malgré leur docilité factice, nos écrits ne se laissent
guère emprisonner facilement en quelque rayonnage de la bibliothèque.
Comme on a eu envie de les écrire, ils veulent être lus.
Quelle malhabile précaution de langage pour taire
l'ambition inavouable d'être considéré comme un authentique écrivain !
Plutôt pécher par excès de modestie que de sacrifier à l'arrogance
ridicule de ce personnage d'une BD de Lauzier, « la course du rat ».
Je ne sais pas s'il est incitatif ou même convenable de
donner ainsi l'impression de s'excuser de se croire écrivain. Mais
c'est là ma nature profonde, bien commode pour repousser la
confrontation avec le monde de l'édition, confrontation que je présume
à l'issue incertaine (dans son acception positive du moins).
Un vieux pote, Fred, qui m'autorisera à le remercier
ici, m'a aiguillé vers le web, où nous nous retrouvons à présent.
Me voilà intronisé « auto-éditeur », avec si vous n'y
prenez garde, le risque de sombrer dans l'auto-lectorat.
Auch, le 21 août 2006 |