![]() |
Bernard Fainzang,
2006
écrivain, auto-éditeur, du pays d'Auch |
|
| Auto-éditeur |
|
Lorsque je résolus d'écrire, je n'imaginais pas que cette activité roborative me mènerait jusqu'à une étrange quête, être lu et pour ce faire donner leur chance à mes textes d'être publiés. Début juin 2006, le 13 pour être précis et ne pas dissimuler un travers superstitieux, j'envoyais un manuscrit que je jugeais recevable à un éditeur parisien. Je ne me berçais guère d'illusions. Cependant, l'espoir du joueur me taraudait. Sur un quiproquo, je croyais naïvement que ça pourrait marcher. Une réponse lapidaire et courtoise est depuis venue me rappeler la dure réalité : mon écrit ne rentre pas dans le cadre des publications actuelles dudit éditeur. J'ai ainsi appris que les envois « spontanés » de manuscrits sont rarement couronnés de succès. Pourquoi le seraient-ils d'ailleurs ? C'est ce que m'a fait comprendre la dame qui répond au téléphone d'une maison d'édition d'Auch, les Éditions Tristram. Les ayant contactés à tout hasard, je me rendis alors compte que celui-ci ne fait pas toujours bien les choses. Là non plus, je n'entrais pas dans le cadre... |
Esquisse de la première illustration de Ticine pour un prochain livre, « Les couleurs de Juju » |
|
Avec beaucoup de gentillesse, la dame m'a cependant mis en garde contre les officines qui pratiquent l'édition à compte d'auteur. On paie avant et pendant pour le plaisir, sinon l'honneur, de voir son nom sur la jaquette d'un bouquin. Il paraît même qu'on paie après pour racheter les invendus, tant l'absence de publicité s'avère préjudiciable à la diffusion. Encore merci à la dame des Éditions Tristram pour m'avoir évité le « bouillon au prix fort ». Enfant élevé au coeur des Puces, puis adulte sevré de garbure, je l'aurais eu mauvaise de me faire ainsi rouler comme un vulgaire gogo, même si l'excuse de croire à ce que l'on a à dire ou écrire eût pu être invoquée en cette occasion. Peut-être dois-je aussi remercier cette personne de m'avoir quelque peu déstabilisé avec un judicieux conseil : « regardez les catalogues des éditeurs et trouvez y la cohérence des écrits qu'ils publient ; cela vous évitera les vaines démarches ». Là est le problème. Quelles sont mes sources d'inspiration ? Quels sont mon style et mon genre d'écriture ? Il paraît qu'au jeu, on a peine à deviner mon caractère profond. N'en serait-il pas de même en matière littéraire ? J'aime Balzac, Tolstoï, Dostoïevski et, par-dessus tout, Apollinaire, Aragon et Ferré. Il suffit de vivre pour être influencé par ces grands auteurs, même sans le savoir. Pour ce qui est de l'écriture, c'est malheureusement plus compliqué. Du coup, je me sens un peu court pour fourguer une première oeuvre avec pour seul viatique une formule empruntée à Léo : mon style, c'est mon cul. Et au bout de la plume, rien d'autre que l'envie de nous imaginer « dans ces mondes perdus de l'an quatre-vingt mille »... Moins glorieux quoique plausible, j'aimerais ne pas transposer dans le domaine littéraire le syndrome de Jacky Bernard, connu de bon nombre de musiciens. Le personnage en question, vedette toute catégorie ou comédien hors-pair, fut interviewé en 1965 par Fernand Reynaud. Ce monument de l'histoire de la variété française peut être consulté à l'adresse suivante : http://desastres.free.fr/JackyBernard.html. 15 minutes de rire assurées et la certitude que vous comprendrez la signification du mystérieux syndrome évoqué plus haut. Donc ne pas céder à la tentation de revivre ce bon vieux temps où j'aurais pu m'appeler Jacky. À défaut de faire le beau à Knokke-le-Zoute, je ne priserais point le ridicule de provoquer l'hilarité dans les maisons d'édition. Voilà comment a germé l'idée de m'auto-éditer. Un choix par défaut autant que par paresse, parce que je ne me vois pas tout lire pour savoir à quoi ce que j'écris se rattache. Et pour ce qui est du ridicule, autant y aller seul et, le cas échéant, rentrer par ses propres moyens. Et dans ces conditions, il me reste à laisser le dernier mot à l'inénarrable Jacky Bernard, auquel mon prénom me lie indissociablement : - Alors là, d'accord !!! Quelque part en Gascogne, le 10 septembre 2006. |
|
|
Commande de livres Ces textes vous ont plu et vous souhaitez vous les procurer. Pour le moment, ils sont publiés sous la forme de documents produits de façon artisanale (édition avec une imprimante, brochure avec une spirale et protection par une couverture cartonnée en 1ère et 4ème de couverture) |